secourir

secourir

secourir [ s(ə)kurir ] v. tr. <conjug. : 11>
XIIIe; secorre XIIe; adapt., d'apr. courir, de succurre 1080; lat. succurrere, de sub et currere « courir sous, vers »
1Aider (qqn) à se tirer d'un danger pressant; assister dans le besoin. Secourir un blessé. Secourir des skieurs en danger. sauver. Zadig « croyait que les lois étaient faites pour secourir les citoyens, autant que pour les intimider » (Voltaire). défendre, protéger. Secourir un ami dans la gêne. Par ext. vieilli Secourir les besoins, les misères. soulager.
2(1559) Apporter un secours moral à. « Une prière jaillit de lui, courte et désespérée : Mon Dieu, secourez-moi » (Maupassant).
(Choses ) Venir au secours de. « Ou qu'un beau désespoir alors le secourût » (P. Corneille). « Et j'ai dit au poison perfide de secourir ma lâcheté » (Baudelaire). N. SECOUREUR, EUSE , XVe .

secourir verbe transitif (ancien français secourre, du latin succurrere, avec l'influence de courir) Porter secours à quelqu'un, un groupe, les aider à sortir du danger qui les menace : Secourir des alpinistes en difficulté. Apporter une aide matérielle ou morale à quelqu'un : Secourir une personne dans la gêne.secourir (citations) verbe transitif (ancien français secourre, du latin succurrere, avec l'influence de courir) Publius Syrus (en Syrie Ier s.) C'est deux fois secourir un malheureux que le secourir promptement. Beneficium egenti bis dat, qui dat celeriter. Sentences, 93 Commentaire C'est le proverbe latin « Bis dat, qui citra dat » : Celui qui oblige promptement oblige doublement. Virgile, en latin Publius Vergilius Maro Andes, aujourd'hui Pietole, près de Mantoue, 70 avant J.-C.-Brindes 19 avant J.-C. Connaissant moi-même le malheur, je sais secourir les malheureux. Non ignara mali, miseris succurrere disco. L'Énéide, I, 630secourir (difficultés) verbe transitif (ancien français secourre, du latin succurrere, avec l'influence de courir) Conjugaison Comme courir. Attention au double r au futur et au conditionnel : il secourt, il secourait, il secourut, qu'il secoure, mais il secourra, il secourrait. ● secourir (synonymes) verbe transitif (ancien français secourre, du latin succurrere, avec l'influence de courir) Porter secours à quelqu'un, un groupe, les aider à sortir...
Synonymes :
- porter assistance
- prêter main-forte
- venir à la rescousse
Apporter une aide matérielle ou morale à quelqu'un
Synonymes :
- défendre
- protéger

secourir
v. tr. Aider, assister (une personne dans une situation critique ou dans le besoin).

⇒SECOURIR, verbe trans.
A. — [Le suj. désigne une pers.]
1. Venir en aide à quelqu'un qui se trouve dans le besoin. Synon. assister1. Secourir les pauvres, les réfugiés. Dans l'ancienne société féodale, si le seigneur possédait de grands droits, il avait aussi de grandes charges. C'était à lui à secourir les indigents dans l'intérieur de ses domaines (TOCQUEVILLE, Anc. Rég. et Révol., 1856, p. 107). Les nouvelles paieront une cotisation (...). Dans les ligues, il y aura toujours une trésorerie. Par exemple, pour secourir les filles mères (GIDE, Geneviève, 1936, p. 1370).
♦ [P. méton.] Secourir les besoins, les misères. On est toujours heureux de secourir l'infortune; je partagerais volontiers aux nécessiteux le peu que je possède (CHATEAUBR., Mém., t. 4, 1848, p. 162). Et même, lui qui s'était trouvé incapable de secourir le malheur qui l'entourait, il fut saisi d'une fièvre intrépide à la pensée de combattre les grandes afflictions ravageant le monde (ROY, Bonheur occas., 1945, p. 459).
Empl. pronom. réciproque. Se secourir. Je ne connois rien de plus édifiant à voir que la tranquillité de leurs villages, le calme de l'intérieur de leurs familles, et cette heureuse disposition à se secourir mutuellement (CRÈVECŒUR, Voyage, t. 2, 1801, p. 151). Il avait trop vu (...) l'envie, les haines, les égoïsmes d'un troupeau de misérables qui n'arrivaient pas même à s'aimer, à se secourir l'un l'autre (VAN DER MEERSCH, Invas. 14, 1935, p. 370).
2. Apporter de l'aide à quelqu'un qui se trouve exposé à un danger. Synon. porter secours. Secourir qqn contre un ennemi; secourir les faibles et les opprimés; secourir des alpinistes en difficulté. Sans perdre la tête, elle commanda à Châteaubedeau de se jeter à l'eau et de secourir son ancien ami; puis elle cria: « Au secours! Au secours! » (BOYLESVE, Leçon d'amour, 1902, p. 264). Si tu voyais (...) les gens du peuple, les ouvriers, les petits commerçants, qui ne se doutaient pas de ce qu'ils recélaient en eux d'héroïsme (...), courir sous les balles pour secourir un camarade, pour emporter un chef blessé (PROUST, Temps retr., 1922, p. 753).
♦ [P. méton.] Elle admiroit cette religion qui civilisoit des hordes sauvages, et les portoit à secourir la foiblesse et l'innocence (CHATEAUBR., Martyrs, t. 3, 1810, p. 104).
En partic. Apporter une aide militaire. Secourir une place forte assiégée, une armée alliée. Il n'y avait nul espoir de secourir Audenarde. La ville ne pouvait manquer d'être prise, du moins par famine (BARANTE, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 162). Dans la situation où elle [la France] se trouve momentanément, il ne tient pas qu'à elle que les forces qu'elle a, depuis longtemps, préparées pour secourir l'Indochine ne soient pas encore en ligne à côté de celles des alliés (DE GAULLE, Mém. guerre, 1959, p. 489).
3. Donner des soins à un malade, un blessé. Synon. porter secours, soigner. Secourir les personnes accidentées. Ils font encore un assez grand nombre d'enfants, mais ils sont débiles. Ils ne peuvent ni ne savent les soigner en santé, ni les secourir dans leurs maladies, et il en périt une quantité prodigieuse (DESTUTT DE TR., Comment. sur Espr. des lois, 1807, p. 379):
1. ... ils ont caché des explosifs jusque dans des cadavres, et qui vous éclatent au nez lorsqu'on vient inhumer ceux-ci. Plus atroce encore: un blessé criait à l'infirmier qui l'approche: « Attention! Ne me secourez pas: ces salauds m'ont miné. »
GIDE, Journal, 1943, p. 242.
4. Apporter un soulagement moral à quelqu'un qui se trouve dans une situation pénible. Synon. aider, soutenir. Elle n'avait plus la certitude de pouvoir aider sa fille, (...) elle comprenait subitement qu'il est très difficile de secourir ses enfants dans les malheurs secrets qui les atteignent (ROY, Bonheur occas., 1945, p. 244):
2. [Le prêtre] entra chez elle, le visage grave et pâle et il dit (...) « Madame, votre fils est fort mal, et il désire vous voir. » Elle se jeta sur les genoux en s'écriant: « Ah! Mon Dieu! Ah! Mon Dieu! Je n'oserai jamais! Mon Dieu! Mon Dieu! Secourez-moi! »
MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Mme Hermet, 1887, p. 1130.
[P. méton.] Ô justes dieux, grands dieux! Secourez ma faiblesse (LECONTE DE LISLE, Poèmes ant., 1852, p. 72). Chacun (...) secourt les misères qu'il voit et non celles qui se cachent (AMIEL, Journal, 1866, p. 457).
B. — [Le suj. désigne une chose] Venir en aide à, soutenir quelqu'un/quelque chose. Ce poignard est à toi; quand tout te manquera, C'est un ami fidèle et qui te secourra (DUMAS père, Caligula, 1837, prol. 7, p. 29). Pour l'homme qui a lutté toute sa vie contre l'habitude, elle [la vieillesse] est le moment où le maximum de raideur dans le jeu de son corps est secouru par le maximum de souplesse dans l'accomplissement de l'esprit (MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 162).
Prononc. et Orth.:[], (il) secourt []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Fin XIVe s. secourir à (aucun) « porter secours à » (EUSTACHE DESCHAMPS, Œuvres, éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 2, p. 227); 1410 scourir à (aucun) « id. » (doc. de Tournai ds GDF. Compl.); b) 1422 secourir à (la nécessité publique) « remédier à » (ALAIN CHARTIER, Quadrilogue invectif, éd. E. Droz, p. 31); 2. a) mil. XVe s. secourir (une douleur) « apporter un soulagement à un état pénible » (JEAN RÉGNIER, Fortunes et adversités, éd. E. Droz, p. 92, 2558); b) 1559 secourir (les lois, la liberté) « défendre, protéger » (AMYOT, Vies, Solon, f ° 66 r °). Réfection, d'apr. courir, de l'anc. verbe succure, secorre « porter secours » (ca 1100 succure, Roland, éd. J. Bédier, 3378; ca 1150 secorre, Charroi Nymes, éd. D. McMillan, 359), lui-même issu du lat. succurere « se trouver dessous dans sa course, courir vers, courir au secours, porter secours à, remédier à », formé de sub- « sous » et de currere « courir ». Cf. a. prov. soccorir, secorrir « secourir » (XIVe s. ds LEVY Prov.). Fréq. abs. littér.:852. Fréq. rel. littér.: XIXe s.: a) 1 614, b) 967; XXe s.: a) 1 207, b) 731.

secourir [s(ə)kuʀiʀ] v. tr. [CONJUG. courir.]
ÉTYM. XIIIe; adapt., d'après courir, de sucurre (Chanson de Roland), secorre, du lat. succurrere « courir sous, vers », de sub-, et currere. → Courir.
1 Aider (qqn) à se tirer d'un danger pressant; assister dans le besoin. Assister, obliger; secours (porter, prêter secours), tendre (les bras, les mains…). → Pitié, cit. 1. || Secourir qqn contre un ennemi. || Secourir une place forte assiégée. || Secourir les faibles (cit. 33), les opprimés. Défendre, intervenir (en faveur de), protéger. || Secourir les pauvres (→ Mendicité, cit. 1; nécessiteux, cit. 2). Subvenir (aux besoins). || La famille qu'elle secourait (→ Intolérance, cit. 2). Soutenir (→ Faire qqch. pour…).Par ext. || Secourir les besoins, les misères (→ Rebuter, cit. 5). Soulager.Pron. || Se secourir mutuellement.
1 En ce monde il se faut l'un l'autre secourir.
La Fontaine, Fables, VI, 16.
2 (Zadig) croyait que les lois étaient faites pour secourir les citoyens autant que pour les intimider.
Voltaire, Zadig, VI.
3 Il faut s'empresser de secourir ceux qui en ont besoin; mais dans le commerce ordinaire de la vie, laissons la bienveillance naturelle et l'urbanité faire chacune leur œuvre (…)
Rousseau, Rêveries…, IXe promenade.
2 (1559). Apporter un secours moral à.
4 Une prière jaillit de lui, courte et désespérée, faite avec cette voix intérieure qui ne passe point par la bouche et dont les croyants implorent le Sauveur : Mon Dieu, secourez-moi.
Maupassant, l'Inutile Beauté, « Champ d'oliviers », II.
3 (Le sujet peut être un n. de chose). Venir au secours de. || « Secourir la nature » (→ Médecine, cit. 2). || Il est plus gêné (cit. 13) que secouru par l'abondance de ses souvenirs. || « Ou qu'un beau désespoir (cit. 12) alors le secourût » (Corneille).
5 Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.
Baudelaire, les Fleurs du mal, « Spleen et Idéal », XXXI.
——————
secouru, ue p. p. adj.
Qui reçoit un secours, des secours.N. || Les secoureurs (cit. 2) et les secourus.
6 Il y gagnait matériellement, puisque les secourus devenaient des salariés, et qu'il recevait du travail en échange.
Giraudoux, De pleins pouvoirs à sans pouvoirs, IV, p. 86.
DÉR. Secourable, secoureur, secouriste.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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